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Biographie

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Peintre – Photographe – Plasticien

Originaire de Savoie, Fabien Novarino passe son enfance au cœur des montagnes, où il découvre très tôt une passion profonde pour le dessin, la peinture et le modélisme. Ce lien intime avec la nature et les grands espaces forgera son regard et sa sensibilité artistique. Son déménagement dans le sud de la France, à l’adolescence, provoque un véritable bouleversement : entre changement climatique, mutation des paysages et confrontation à un autre rythme de vie, ce choc sensoriel agit comme un catalyseur. C’est à ce moment-là que naît une conviction intime : il sera peintre.

Après des études littéraires à Paris, Fabien s’oriente dans un premier temps vers la photographie sportive et publicitaire, collaborant notamment avec l’agence Vandystadt. Mais l’appel de la création pure le rattrape vite. À l’âge de 27 ans, il décide de rompre avec sa carrière commerciale pour se consacrer entièrement à sa vocation artistique.

Un parcours pictural évolutif

Ses premières œuvres s’ancrent dans la tradition figurative, influencées par l’école provençale. Il peint des paysages baignés de lumière, des scènes de la vie quotidienne, des compositions chaleureuses où la couleur vibre et le geste s’affirme. Rapidement, son travail s’ouvre à des inspirations plus urbaines : New York, Paris, les capitales de la modernité deviennent pour lui des sources d’énergie visuelle, offrant des contrastes forts qui enrichissent sa palette et son expression.

Fusion entre photographie et peinture

À partir de 2010, Fabien amorce un tournant décisif en intégrant la photographie dans sa démarche picturale. À partir de ses propres clichés ou d’images issues de banques spécialisées, il compose des œuvres hybrides, à la croisée du dessin, du collage et du pochoir. Le langage évolue vers un style Néo Pop résolument contemporain, puisant autant dans le Pop Art des années 50 que dans la culture street et les codes de la société du divertissement. On y retrouve des icônes du cinéma, des pin-up vintage, des figures issues de comics, mais toujours traitées avec élégance et une grande maîtrise technique.

Son œuvre séduit alors les galeries et collectionneurs du monde entier. Il expose en France, à l’international, et son univers graphique s’impose comme une signature reconnaissable, entre culture populaire et sensibilité artistique.

Les portraits évanescents : un nouveau souffle

Depuis quelques années, Fabien Novarino approfondit une nouvelle voie de recherche : celle du portrait féminin évanescent. Inspiré par la force évocatrice du regard, la fragilité du souvenir et la beauté fugace de l’image, il développe une série d’œuvres mêlant hyperréalisme et abstraction. Ces visages de femmes, à la fois puissants et diaphanes, semblent apparaître ou disparaître dans la matière picturale.

Le processus créatif mêle photographie numérique, peinture traditionnelle (acrylique, huile, glacis), retouches manuelles et textures superposées. Chaque œuvre est le fruit d’un long travail d’effacement, de dévoilement, de superposition, où le réel et l’imaginaire se répondent dans une tension poétique.

On ne sait jamais si ces femmes sont en train de s’imposer à nous ou de nous échapper. Elles captent le regard, le défient, le charment, puis se dissolvent dans la matière comme un souvenir ou un rêve.

Un art total, sensoriel et émotionnel

Avec cette nouvelle série de portraits oniriques et sensuels, Fabien Novarino poursuit une quête artistique cohérente : celle de l’émotion visuelle. Ses œuvres récentes, aussi bien picturales que sculpturales, prolongent sa recherche d’une esthétique à la fois contemporaine, vibrante et profondément humaine.

Il nous invite à contempler, à ressentir, à interroger notre rapport à l’image, à la beauté, à la mémoire. Entre disparition et présence, abstraction et figuration, son univers intrigue, fascine, et nous entraîne dans un voyage intérieur d’une rare intensité.

Les portraits de Fabien Novarino, tout en étant résolument contemporains, semblent pourtant se nourrir d’une multitude de références aux courants artistiques du passé. Dans la manière dont il aborde le visage humain, on perçoit des échos de la peinture flamande du XVe siècle, où chaque détail avait un sens profond et presque sacré. Si les maîtres flamands, comme Jan van Eyck ou Rogier van der Weyden, cherchaient à capturer le monde avec une précision quasi scientifique, Fabien s’éloigne de cette quête de perfection en utilisant le flou comme un acte de mémoire.
Les déchirures de papier, les superpositions de matières, ces gestes qui paraissent « imparfaits », ont quelque chose de profondément révélateur. Chaque élément dans ses portraits, bien que souvent flou ou effacé, garde une trace de ce qui fut. La fragilité du détail, chère aux Flamands, trouve ici une autre forme de présence, moins figée mais tout aussi signifiante. À travers cette absence de netteté, Fabien évoque un monde fragile, insaisissable, mais d’une grande profondeur émotionnelle.

Si l’on s’éloigne de la précision flamande pour se tourner vers l’expressionnisme allemand, une autre facette du travail de Fabien se dévoile. Les peintres expressionnistes, comme Egon Schiele ou Emil Nolde, avaient cette capacité unique à distordre le visage, à en faire un miroir de l’âme, un terrain où l’émotion déforme la réalité. Fabien semble, lui aussi, suivre cette idée, mais de manière plus subtile.
Le visage dans ses portraits n’est pas une simple représentation : il est un champ de tension entre ce qui se voit et ce qui reste caché. Ce qui pourrait sembler être un simple flou devient une fracture où l’intime et le visible se rencontrent, dans un espace où chaque émotion, chaque sensation, est palpable. Le visage devient l’expression d’une lutte silencieuse, non pas entre l’homme et l’extérieur, mais entre l’intérieur de l’âme et ce qui peut être montré au monde.

Dans cette exploration du visage humain, Fabien Novarino se rapproche aussi des symbolistes, ces artistes qui, comme Odilon Redon ou Fernand Khnopff, voyaient le portrait non pas comme un simple reflet, mais comme une porte menant vers l’invisible.
Les figures dans leurs œuvres étaient souvent enveloppées dans une brume éthérée, flottant entre le monde des vivants et celui des esprits. Fabien poursuit ce même voyage vers l’invisible, mais au lieu de rendre cette présence fantomatique visible, il la laisse s’échapper.
Le flou qui envahit ses portraits n’est pas une déformation sans but, mais plutôt un passage entre ce qui est et ce qui ne peut être dit, entre ce qui reste et ce qui disparaît. Les portraits de Fabien ne sont jamais totalement fixés, toujours dans un état de transformation constante, comme si l’artiste capturait non pas un instant figé, mais un mouvement incessant vers une réalité qui nous échappe.

Cette exploration de l’éphémère et de l’invisible trouve également un parallèle avec l’art brut, où la matière elle-même devient le véhicule d’une expression sans concession.
Tout comme Dubuffet ou Aloïse Corbaz utilisaient des matériaux simples et des gestes spontanés pour créer des œuvres pleines de vérité, Fabien, en superposant des couches de textures et en laissant la matière guider l’œuvre, semble vouloir libérer l’image de ses contraintes.
La recherche de la perfection est abandonnée au profit d’un acte brut, authentique, où le portrait devient un terrain d'expérimentation. Ce n’est pas la beauté ou la finition qui guident sa main, mais l’idée de révéler ce qui est enfoui sous la surface, de rendre visible ce qui échappe à toute logique esthétique.
Dans cet espace entre le visible et l’invisible, Fabien trouve sa vérité.

Enfin, on pourrait aussi évoquer la photographie japonaise des années 60, en particulier le mouvement Provoke, où le flou et la surexposition étaient utilisés pour traduire une réalité fragmentée et incertaine. Ce qui distingue cette approche de celle de la peinture traditionnelle, c’est la capacité à saisir l’essence de l’instant, à capter ce qui est sur le point de disparaître.
Fabien Novarino, par son utilisation du flou, fait écho à cette esthétique de l’éphémère. Chaque portrait devient un instant suspendu, une cicatrice de l’âme, un moment entre deux mondes, où l’individu est à la fois là et déjà hors de portée.
Le flou, loin d’être un simple effet de style, devient un moyen de montrer la fragilité de l’existence, de rappeler que tout ce que nous voyons est voué à disparaître.

À travers ces influences et ces dialogues invisibles, Fabien Novarino ne cherche pas à copier ni à réinventer une tradition, mais à prolonger ce que ces grandes écoles ont initié.
Chaque portrait est une mosaïque de mémoires artistiques, où l’effacement, le flou, la déformation et la matière deviennent les outils d’une quête plus profonde : celle de capter l’âme humaine dans sa part la plus insaisissable.
Ses œuvres ne sont jamais figées. Elles respirent, hésitent, se transforment. Le sujet n’est jamais entièrement là, mais toujours en train de se dérober, de se fondre dans la mémoire du spectateur.
Les portraits de Fabien sont ainsi des empreintes d’un monde invisible, les témoins d’une réalité que l’artiste ne cherche pas à maîtriser, mais qu’il effleure, dans sa plus grande fragilité.

ANDREA DI LUCCA PEINTURE PORTRAIT FEMME

"Créer, c’est trahir ce qu’on voulait faire au départ."

Les portraits de Fabien Novarino:
références et modernité

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